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Animation scientifique : connaitre et se protéger contre la maladie à virus « Lassa »

17. 05. 12

Le vendredi 05 mai 2017 s’est tenue au Département des Sciences Biomédicale du Centre MURAZ, une animation scientifique axée sur la maladie à virus « Lassa ». Cette communication a été faite par le Chef du Laboratoire National de Référence des FHV, Dr Thérèse KAGONE.  

  

Sur explication de Dr KAGONE, la fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique virale aiguë, causée par un virus à ARN simple brin appartenant à la famille des Arenaviridae. Le réservoir de ce virus est un petit rongeur péri-domestique appelé « Mastomys natalensis ». 

                                                                    « Mastomys natalensis ».

De son historique, la fièvre de Lassa a été isolé pour la 1ère fois en 1969 dans une ville du Nigeria, chez une infirmière tombée malade après avoir prodigué des soins, et qui en mourut, après avoir contaminé deux autres. Elle est endémique dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest (Nigeria, Guinée, Libéria et la Sierra Leone, etc.) où des flambées épidémiques surviennent régulièrement.

Selon la spécialiste, le virus Lassa se transmet à l’homme par contact avec des aliments ou des articles ménagers contaminés par l’urine ou les excréments de rongeurs.

                                                                                                          Transmission par contact avec les aliments

Or mis ce mode, il existe également une transmission interhumaine qui se transmet d’homme à homme par contact direct avec le sang, l’urine, les excréments ou autres sécrétions organiques d’une personne contaminée. De même la contamination peut se produire dans les hôpitaux où les mesures de prévention et de lutte anti-infectieuse laissent à désirer. C’est une maladie nosocomiale. Par contre, aucune donnée épidémiologique n’atteste la transmission aérienne d’homme à homme, a affirmé Dr KAGONE.

               

                                                                                     Transmission interhumaine

Poursuivant sur le tableau clinique de la fièvre de Lassa, le chef du LNR a indiqué que celui-ci est variable depuis l’infection asymptomatique très fréquente (80% des cas) à une fièvre hémorragique foudroyante. La maladie débute 6 à 21 jours après l’infection par des signes cliniques peu spécifiques tels que : la fièvre, les vomissements, les nausées, les douleurs abdominales, les céphalées, les myalgies, les arthralgies, et l’asthénie.        

Dans les cas sévères, l’on peut constater l’apparition d’œdèmes, de signes hémorragiques, d’épanchements péricardiques et pleuraux, et plus rarement d’encéphalites. La fièvre de Lassa est également d’une extrême gravité pour la femme enceinte, conduisant fréquemment au décès de la mère et systématiquement à celui du fœtus. Après la période d’infection, le décède du patient peut survenir dans un contexte de choc hypotensif et hypovolémique et de défaillances rénale et hépatique. 

Cependant pour les survivants à l’infection, la fièvre disparaît environ 10 jours après le début des symptômes, mais des signes de grande fatigue, de malaise et de vertiges peuvent persister plusieurs semaines. A ce niveau, le Dr KAGONE a précisé que seulement un tiers de ces patients présentent de graves séquelles telles que la surdité uni ou bilatérale, temporaire ou définitive, et une myocardite.

Concernant le traitement et les modes de prévention, à ce jour aucun vaccin n’existe contre la fièvre de Lassa. Toutefois, la Ribavirine qui est une molécule antivirale commercialisée  présentant un effet reconnu sur l’évolution d’une fièvre de Lassa est recommandée pour traitement de cette maladie.

Tout de même des moyens de prévention sont conseillés afin de tout mettre en œuvre pour éviter de contracter cette maladie. Il s’agit, entre autres, d’éviter au maximum et de se protéger des rongeurs, assainir les milieux de vie, stocker les céréales, légumes secs, graines de semence et autres aliments dans des récipients inaccessibles aux rongeurs,  éviter tout contact direct sans protection adéquate avec des patients infectés ou leurs sécrétions ainsi qu’avec les rongeur péri-domestique appelé « Mastomys natalensis ». 

  

Au Burkina Faso, le Laboratoire National de Référence des Fièvres Hémorragiques Virales  a pour mission entre autre de faire la confirmation, la surveillance et la recherche sur les maladies  à FHV dont la fièvre de Lassa.

 

Par : SCRP/CM