Recherche-Formation-Expertise

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16. 09. 26
posted by: Amadou KABA
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 Le Centre MURAZ est un institut public de recherche pour la santé qui porte encore fièrement 77 ans après, tout l’héritage de la tradition de recherche scientifique et d’excellence à lui légué par ses géniteurs.

Certes, l’institution a évolué dans sa tutelle technique de rattachement, ses missions, son organisation et son personnel, il n’en demeure pas moins, que «le bébé » du Colonel Gaston MURAZ reste un fleuron dans le paysage burkinabè de recherche scientifique et de recherche pour la santé en particulier. Cela explique sans doute l’attention particulière accordée au Centre MURAZ et les grandes attentes de l’autorité de tutelle vis-à-vis de l’institution en matière d’expertise de santé publique pour l’accompagnement de l’implémentation des activités de divers programmes du Ministère de la santé, et aussi pour la fourniture de l’évidence scientifique contextualisée utile à toute formulation de politiques publiques de santé pertinentes, utiles et acceptables. En 2015, le Centre MURAZ a encore essayé de remplir avec sérieux, les missions fondamentales de recherche, de formation et d’expertise en santé à lui assignés par le Ministère burkinabè en charge de la santé. L’année 2015 a été marquée par l’adoption d’un organigramme scientifique moderne, cohérent et en phase avec les aspirations d’efficacité et d’excellence du Centre. Bâti sur la perspective pathogènes-patients-populations, cet organigramme regroupe les activités de recherche du Centre MURAZ autour de 3 Departements : - Un département de sciences biomédicales (DSB) pour redonner à la plateforme des laboratoires de l’institution, à la recherche fondamentale et à l’épidémiologie moléculaire des pathogènes, toutes leurs lettres de noblesse. Les thématiques de recherche du DSB portent principalement sur le paludisme, la tuberculose, les méningites, le VIH, les hépatites virales et les fièvres hémorragiques virales. - Un département de recherche clinique (DRC) pour tutoyer la morbidité aigue et chronique, adresser la question de son traitement adéquat et hisser l’institution dans la grande cour de celles qui évaluent la tolérance et l’efficacité des médicaments, de vaccins, de dispositifs médicaux et bien d’autres interventions de soins à visée curative ou préventive. Le DRC ambitionne de mettre en valeur les méthodes scientifiques rigoureuses de recherche cliniques notamment les essais randomisés, comparatifs en double aveugle. Les thématiques d’intervention chevauchent essentiellement l’infectiologie qui reste encore le principal fardeau de la maladie dans notre contexte. - Un département de santé publique (DSP) comme toute institution de recherche biomédicale qui a de l’ambition et parce-que des résultats purement expérimentaux ne sont pertinents pour le décideur politique que lorsqu’ils auront pris en compte différents éléments contextuels sociodémographiques, culturels, économiques, et du système de santé. Notre pays traverse une transition épidémiologie avec une augmentation de la charge des maladies non transmissibles dans le fardeau de la morbi-mortalité et il est plus qu’urgent, d’adresser les faiblesses d’un système de santé qui n’arrive pas à passer à l’echelle des interventions de santé dont l’effcacité ne fait plus aucun doute scientifique ; cela dans des contextes ou la mère et l’enfant restent à haut risque de décès et deux groupes fortement vulnérables. Le nouvel organigramme scientifique a aussi mis l’accent sur la mission d’expertise du MURAZ, en créeant un service des études et de l’expertise dans une démarche d’accompagnement programmatique au niveau du Minsitère de la santé et d’autres Ministères, tout en offrant une alternative de carrière que la recherche dans l’institution. Enfin, la mission de formation n’est pas restée en marge, puisque le Centre ambitonne de devenir un pôle national puis sous-regional de formation en méthodologie de recherche, sur le traitement et d’analyse des données épidémiologiques et aussi d’accompagner plusieurs structures qui le voudraient, dans l’offre d’une formation de qualité, à proximité et à un coût. Ce rôle est désormais dévolu à l’équipe de formation et d’appui méthodologique nichée au sein du DRC. Une carte à la formation a été offerte qui devrait susciter l’intérêt de plusieurs partenaires académiques. L’autre fait majeur de l’année 2015 au Centre MURAZ reste incontestablement l’adoption du décret n°2015-1617/PRES-TRANS/PM/MS/MRSI/MESS/MEF du 28 décembre 2015 portant approbation des statuts particuliers du Centre MURAZ. A priori, ces nouveaux statuts permettront de résoudre deux problèmes majeurs qui ont jusque là ralenti tous les efforts de l’institution vers plus d’autonomie et de performance. Ainsi : - La question de l’absence de carrière pour les chercheurs et autres personnels techniques devrait trouver sa solution dans la triple tutelle Ministère de la santé, de l’enseignement superieur, de la recherche et de l’innovation et de l’économie et des finances. Désormais avec la possibilité d’un arrimage au système du CAMES, le personnel pourrait évoluer normalement en arpentant progressivement tous les grades de chercheurs et assimilés. - La lourdeur et l’inefficacité de la gestion administrative et financière des projets de recherche devraient prendre fin avec la possible création d’un service de gestion des contrats de recherche qui devrait consacrer enfin, la séparation étanche de la gestion de fonds venant de subventions de recherche difficilement obtenus par la compétitvité des chercheurs du MURAZ de ceux fournis par le contribuable burkinabè à travers la subvention de l’Etat. Il est prévu qu’une telle situation rassurera beaucoup de bailleurs de fonds et aussi certains chercheurs seniors qui avaient fini par ne plus loger au Centre leurs subventions de recherche à cause de l’impact négatif sur la conduite efficace des acitvités des projets. Avec 32 projets en cours d’exécution, 52 articles publiés dans des journaux avec comités de lecture, 87 communications scientifiques à des congrès nationaux et internationaux, 9 expertises instutitionnelles et 6 nouveaux PhD en 2015, on peut dire avec raisonnablement d’optimisme que le meilleur pourrait être à venir pour le Centre MURAZ.